La ferme de Balayan.






L'idée...

Aux Philippines depuis cinq ans, travaillant pour la fondation Virlanie, Jean-Michel a eu en 1995 une idée fabuleuse : mettre sur pied une ferme à deux heures de la capitale, pour accueilir les enfants des rues de Manille. Le but étant de les sortir de leur univers quotidien mais aussi de créer un projet commun : la construction de la ferme. C'est un véritable projet éducatif, un projet de vie que nous décidons d'aller voir. C'est aussi l'occasion de quitter Manille et de découvrir la campagne des Philippines.


Dans la maison des enfants de la rue.

Le "staff" entouré des enfants.
Nous nous rendons à Balayan.
Après avoir passé plusieurs heures dans le bus, nous arrivons à Balayan, petite bourgade en bord de mer. C'est ici que se trouve la maison des enfants des rues. Jean-Michel nous accueille et nous présente son équipe. Boboy, un éducateur de rue très sympathique, Mila, une assistante sociale et la nanay, véritable mère pour ces enfants abandonnés (repère indispensable!). Dans ce lieu, une vingtaine d'adolescents sont logés, nourrris, éduqués, etc...Ils ont entre treize et dix-huit ans et semblent à leur tour heureux d'accueillir des visiteurs (certains vont même se changer pour enfiler un pantalon et mettre un beau tee-shirt). Des enfants sont aussi là, âgés de onze ans. Ils ont été récupérés dans la rue, à Balayan même, par Jean-Michel. Celui-ci nous avoue que même si leur âge ne leur permet pas d'être là (trop jeune), il ne pouvait pas les rejeter, sachant ce qui les attendait dans la rue. Chacun de ces jeunes possède un vécu hors du commun : voleurs, pick-pockets, prostitués, violés, battus, etc...

Les enfants s'occupent des animaux en attendant d'être à la ferme.
Cependant, ceux que nous rencontrons sont ici depuis neuf mois à deux ans et semblent complètement transformés. Ils ont acquis des règles de vie en communauté qu'ils ont eux-mêmes établies avec l'équipe d'encadrement . Ils retrouvent confiance dans l'adulte via les personnes de l'encadrement. Constitués en équipes de six, les adolescents se relaient pour assurer toutes les tâches de la maison. Un responsable d'équipe est nommé parmi les jeunes, une sorte d'intermédiaire entre les jeunes de son équipe et ceux du staff. Chaque mois, ils recoivent cinq cents pesos d'argent de poche et lorsqu'ils transgressent les règles de vie, une retenue est effectuée sur leur salaire. Pour financer le tout, chaque jeune possède un parrain en France qui envoie un chèque de deux cents francs par mois. Mais pour ne plus avoir besoin de subventions extérieures, il faudrait huit cents francs par enfant. Trois financements permettent au centre de tourner. Les parrains, Virlanie (l'association mère) et d'autres associations étrangères.


Sur les lieux de la future ferme.

La cabanne construite par les enfants sur le terrain où va se développer la ferme.
Dans trois mois, les travaux commenceront sérieusement. Le terrain est en revanche déjà acheté et nous partons donc voir le futur emplacement de la ferme. Il s'agit de deux hectares en pleine nature, à la fois sur des espaces plats et sur des collines. Boisé et recouvert de végétations en tout genre, un grand défrichement sera nécessaire. Les adolescents se faisant un plaisir de manier la machette, le coût des travaux sera très faible. Il faudra aussi, explique Boboy, creuser un puit de cent quatre-vingt mètres de profondeur, afin d'avoir de l'eau en quantité suffisante pour irriguer les cultures. Un ingénieur agronome ainsi qu'un technicien agricole participent également à l'entreprise. Car l'ultime but du projet, c'est que les enfants produisent des légumes et des fruits de toutes sortes, sous la direction d'autres personnes, plus qualifiées. Les bénéfices des ventes permettront à la ferme de s'autofinancer.

Jean Michel en pleine traction à l'arrière d'un jeepney.
Mais le temps passé ici s'achève, et nous devons penser à rentrer à Manille. Car c'est fini, je dois prendre un avion cet après midi pour rentrer en France...





































Sommaire

Accueil S2P - Les Créditmen - Le micro-crédit ? - Journal Chili Hervé - Journal Philippines Jean-Michel - Journal Bangladesh Stéphane